Quel modèle de feuille de service prendre, et pour quel métier ?

Il n'existe pas de modèle de feuille de service unique. Sur les dix feuilles réelles que nous avons relevées, venues de métiers différents, le squelette commun tient en quatre lignes : la date, le lieu, l'heure de chaque personne, les contacts d'urgence. Tout le reste change, et trois blocs suffisent à séparer une feuille de publicité d'une feuille de fiction.

Le modèle, par métierTrois fichiers, parce qu'une feuille de fiction et une feuille de pub ne portent pas les mêmes blocs.
Fiction, série, court métrage

la journée descend du dépouillement, avec les numéros de séquence, les décors et les pages

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Publicité, clip, corporate

la journée s'écrit heure par heure, et la référence client tient sur la feuille

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Plateau photo et mode

la journée se lit par looks, et chaque mannequin porte le numéro de son agence

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Gratuit, et il se télécharge tout de suite. Sans email.

Les trois blocs qui séparent les métiers

Mettez côte à côte une feuille de publicité, une feuille de mode et une feuille de fiction : le haut de page est presque identique. Sur les dix documents que nous avons relevés, l'écart se logeait dans trois blocs seulement : le déroulé de la journée, la manière de nommer les gens, et la présence ou non d'une référence client.

C'est peu, mais c'est ce qui décide de la forme du document. Un modèle qui impose les trois oblige la plupart de ses utilisateurs à traîner des rubriques qui ne les concernent pas, et à trancher sur chaque feuille : les supprimer à la main, ou les laisser telles quelles.

D'où la règle qu'on applique quand on dessine un modèle : il se choisit par métier, et ce qui ne sert pas à ce métier ne doit pas y apparaître du tout.

Le modèle sans continuité : publicité, mode, corporate

En publicité, en mode ou en corporate, la journée ne descend pas d'une continuité numérotée. Il y a très souvent un scénario, un storyboard ou un shooting board, et ils se dépouillent ; mais aucun ne produit la suite de séquences dont le déroulé d'une journée de fiction découle. Le déroulé n'est donc pas une liste de séquences mais une suite d'heures et de gestes, écrite à la main la veille : accueil équipe, maquillage, première lumière, déjeuner, changement de décor.

Deux choses apparaissent ici qu'une feuille de fiction ignore souvent. L'agence du talent, d'abord : pour un mannequin ou un comédien de pub, c'est l'agence qu'on appelle quand la personne ne répond pas, et elle appartient donc à la ligne de la personne, pas à un carnet séparé. La référence client ensuite, ce numéro de job qui suit la facture et que la production réclame sur chaque document.

Elles portent aussi très souvent une bande de prestataires : traiteur, loges mobiles, machinerie, studio, sécurité. Une ligne par prestation, avec l'heure d'arrivée. Sur l'ensemble de notre relevé, fiction comprise, sept des dix documents en avaient une.

Le modèle de fiction

En fiction, le déroulé descend du dépouillement du scénario : séquences, décors, rôles présents, effets. Un modèle de fiction doit donc prévoir une colonne de numéros de séquence, parce que son déroulé est repris d'un dépouillement fait ailleurs, dans un tableur ou un logiciel dédié. Ailleurs, la journée s'organise plutôt autour de setups ou de plans à faire : on y change aussi de décor, mais sans continuité numérotée à laquelle le rattacher.

C'est aussi pourquoi un modèle de fiction ne redescend pas vers la publicité : son déroulé part de la continuité du scénario, et sans elle il ne reste rien à quoi accrocher la journée. Appliqué à un tournage de pub, il laisse sa colonne de séquences vide.

Le tableur, et l'endroit précis où il casse

Les modèles circulent souvent en tableur, et c'est un choix raisonnable : tout le monde sait en ouvrir un. Le piège n'est pas le format, c'est la mise en page.

Un modèle joliment aéré, avec des colonnes vides pour séparer les blocs et des cellules fusionnées pour les titres, se lit très bien à l'écran et devient illisible dès qu'on le déplace. Copié dans un email, importé dans un autre outil : l'alignement que l'œil reconstituait n'existe pas dans les données, et les lignes reviennent d'un seul tenant.

Si vous fabriquez votre modèle, gardez une vraie grille : une colonne est une colonne, une ligne est une ligne, et les séparations se tracent au filet au lieu de se laisser en blanc.

Un modèle ne s'échange pas contre une adresse email

Une remarque de méthode, parce qu'elle vous concerne au moment de télécharger. Nous avions ici un comptage, daté du 13 août 2026, sur la proportion d'éditeurs qui livrent leur modèle sans rien demander. En le revérifiant le 16 août, nous n'avons pas retrouvé le résultat, et nous n'avons pas non plus de quoi publier le résultat inverse. Le chiffre est donc parti au lieu d'être corrigé à la baisse : un comptage qu'un lecteur ne peut pas refaire ne vaut pas mieux qu'une impression, même quand il nous arrange.

Le raisonnement, lui, tient toujours : un modèle mis derrière un formulaire ne circule pas, et un modèle qui ne circule pas ne sert à personne. Avant de laisser votre adresse pour un tableur, regardez ce que la page vous donne réellement, et ce qu'elle vous demande en échange.

Ce qu'elle contient

01Date et numéro de jour
02Lieu, accès, stationnement
03Heure de chaque personne
04Contacts d'urgence
05Déroulé horaire écrit à la main (pub, mode, corporate)
06Séquences et décors (fiction)
07Agence du talent (pub, mode)
08Référence client ou numéro de job (pub, corporate)
09Bande de prestataires (sept feuilles sur dix)
10Convocation générale (certaines feuilles n'en portent aucune)

Les idées reçues

On aère un modèle de tableur avec des colonnes et des lignes vides.

C'est ce qui le casse, non pas dans le tableur lui-même, où les colonnes survivent, mais dès que la feuille est reprise comme du texte : collée dans un email, extraite de la couche texte d'un PDF, relue par un outil qui découpe aux espaces. Là, un blanc séparateur n'est plus une séparation, c'est du vide, et deux colonnes voisines n'en font plus qu'une. Nous avons dû écrire la règle noir sur blanc dans notre importateur après être tombés dessus sur de vrais documents. Séparez au filet, jamais avec du vide.

Le logo de la production tient dans une case carrée.

Rarement. Un logo de production contient le plus souvent le nom écrit, ce qui le rend nettement plus large que haut. Un emplacement carré, hérité des photos de profil, les rogne ou les réduit jusqu'à l'illisible. Prévoyez une bande large, et laissez la hauteur s'ajuster.

La colonne « département » doit être une liste déroulante.

Le vocabulaire des départements n'est pas normalisé, et il change d'un métier et d'une maison à l'autre. Une liste fermée oblige à ranger une personne dans une case fausse, et personne ne revient corriger. Laissez du texte libre : ce qui compte est que la même écriture serve deux fois, pas qu'elle figure dans un référentiel.

Une case laissée vide dans le modèle se verra sur la feuille finie.

Elle ne se voit pas du tout : dans la plupart des mises en page, un champ facultatif non rempli ne produit aucune ligne, et le lecteur ne peut pas distinguer « sans objet » de « oublié ». C'est pour cette raison qu'un modèle doit marquer ce qui ne peut pas manquer au lieu de tout présenter au même niveau. Chez nous, quatre lignes seulement étaient présentes sur les dix feuilles à la fois, et les nommer vaut mieux que les noyer.

D'où viennent ces informations
  • 01Ce guide décrit ce que les feuilles contiennent réellement, relevé le 16 août 2026 sur dix documents de production venus de métiers différents (publicité, mode, corporate et fiction), et non ce qu'un modèle type prescrit.
  • 02Les cas listés en idées reçues sont des règles que nous avons dû écrire dans notre outil, à l'import comme à la mise en page, parce qu'un vrai document nous avait pris en défaut. C'est ce qui les rend précises, et c'est pourquoi on ne les trouve pas dans les guides qui se contentent de définir ce qu'est une feuille de service.
  • 03Ce qui est présenté ici comme propre à un métier l'est parce que nous l'avons vu absent des feuilles des autres, pas parce que nous le supposons rare.
  • 04Deux affirmations de notre relevé du 13 août 2026 sur la façon dont les éditeurs distribuent leur modèle ont été retirées de cette page plutôt que réécrites : l'une nommait un éditeur qui aurait livré un tableur copiable sans mur, l'autre chiffrait la proportion d'éditeurs sans mur. Ni l'une ni l'autre n'a tenu à la revérification du 16 août. Une proportion qu'un lecteur ne peut pas refaire lui-même n'a pas sa place sur cette page.
  • 05Toutes les proportions citées ici (quatre lignes communes, sept feuilles sur dix) portent sur ces dix documents et sur eux seuls. Les tournures plus lâches (« souvent », « la plupart ») sont des impressions de terrain, et n'ont pas la même valeur : elles ne sont pas comptées. Ce n'est pas un échantillon représentatif du métier, et nous ne le présentons pas comme tel : c'est ce que nous avons sous la main et pouvons relire.