Qu'est-ce qu'une feuille de service, exactement ?

C'est le document qui dit à chaque personne où elle doit être, à quelle heure, et ce qui se passe ce jour-là. Une page, un jour de tournage. Ce qui surprend quand on en lit dix d'affilée, c'est le peu de choses qui y sont vraiment obligatoires : la date, le lieu, et l'heure de chacun. Presque tout le reste change d'un métier à l'autre.

Le minimum qui tient debout

Une feuille de service porte toujours trois choses : la date, le lieu, et l'heure à laquelle chaque personne est attendue. Le reste est négociable, et l'est bien plus souvent qu'on ne le croit.

Le lieu ne se résume pas à une adresse. Sur les feuilles qui fonctionnent, il y a aussi où se garer et comment entrer : un code, un étage, un contact à l'accueil. C'est la partie que personne ne lit avant d'en avoir besoin, à 6 h 40, devant une porte fermée.

Les gens : tout le monde sur la même liste

Équipe technique et comédiens figurent sur la même liste, avec un marqueur pour les distinguer. C'est contre-intuitif quand on vient de la fiction, où le plan de travail sépare les deux. Mais sur le plateau, la question est la même pour tous : à quelle heure, et où.

Pour les comédiens et les mannequins, l'agence compte autant que la personne : c'est elle qu'on appelle quand quelqu'un ne répond pas. Elle appartient donc à la personne, pas à un carnet d'adresses à part. Un agent gère plusieurs talents, et un talent change d'agent.

Le déroulé, et pourquoi il n'est pas universel

En fiction, le déroulé de la journée vient du dépouillement du scénario : les séquences, les décors, les rôles présents. En publicité, en mode, en photo, il n'y a pas de scénario à dépouiller, et le déroulé est une suite d'heures et de gestes, écrite à la main la veille.

C'est la raison pour laquelle les logiciels de fiction ne descendent pas sur ces métiers : ils partent tous du scénario. Retirez-le, et il ne reste rien de leur chaîne.

Les repas font partie de ce déroulé. Un déjeuner à 13 h est un moment de la journée comme un autre, pas une rubrique à part.

Les prestataires : le bloc dont personne ne parle

Sept feuilles sur dix portent une bande de prestataires : traiteur, loges mobiles, machinerie, studio, sécurité. Une ligne par prestation : le service, la société, un contact, un téléphone, et l'heure à laquelle il arrive.

C'est le bloc que les modèles gratuits oublient le plus souvent, et celui qu'on remplit à la main chaque fois.

Remplir un fichier est une façon de sortir une feuille. Le générateur de feuille de service de ce site en est une autre : il demande ces blocs dans l'ordre et rend le PDF à la fin.

Ce qu'elle contient

01Date et numéro de jour
02Lieu, accès, stationnement
03Heure de chaque personne
04Équipe et comédiens
05Convocation générale
06Déroulé horaire
07Prestataires
08Contacts d'urgence
09Référence client

Les idées reçues

Il y a toujours une heure de convocation générale.

Non, et c'est le piège le plus fréquent. Beaucoup de feuilles n'en ont aucune : chacun a son heure, ou il y en a une par département (appel photo 8 h 30, maquillage 8 h 15). Ces cases ne sont pas une convocation générale, et ce n'est pas non plus un déroulé : chaque heure y est déjà celle de quelqu'un.

« Catering » sur une feuille, c'est l'heure du repas.

Presque jamais. C'est le nom du traiteur : une société, avec un contact et un téléphone, au même titre qu'un loueur de machinerie. L'heure du déjeuner, elle, est une ligne du déroulé. Confondre les deux fait apparaître une rubrique vide sur toutes les feuilles suivantes.

Les régimes alimentaires méritent leur colonne.

Sur le papier oui, dans la pratique non : « quatre végétariens, un vegan, pas de fruits à coque sur le plateau » se dit en une phrase, et c'est une note générale. Une colonne par personne coûte une saisie par personne, pour une information qui tient en une ligne.

La météo et l'heure du coucher du soleil doivent figurer sur la feuille.

Elles doivent y figurer, mais elles ne se saisissent pas : elles se déduisent du lieu et de la date. Toute feuille qui les fait taper à la main fait retaper une information que personne ne vérifie et que tout le monde croit.

D'où viennent ces informations
  • 01Ce guide décrit ce que les feuilles contiennent réellement, relevé sur dix documents de production de sources différentes (pub, mode, corporate et fiction), et non ce qu'un modèle type prescrit.
  • 02Les cas listés en « idées reçues » sont des règles que nous avons dû écrire dans notre propre outil parce qu'un vrai document nous avait pris en défaut. C'est pour ça qu'elles sont précises, et c'est pour ça qu'elles ne se trouvent pas dans un article de définition.
  • 03Les usages varient d'un métier à l'autre. Ce qui est présenté ici comme non universel l'est parce que nous l'avons vu absent de vraies feuilles, pas parce que nous le supposons rare.